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L’esprit de collection
en trois
dimensions
L’année 1981 a été un
tournant dans la vie de Beniamino Levi. Tel un maestro,
le Milanais va désormais orchestrer sa vie en
jouant une partition à trois dimensions : éditeur
de sculptures, collectionneur, promoteur de l’art.
Première dimension
Beniamino Levi amorce son métier d’éditeur de sculptures
de Dali par un contrat portant sur l’éléphant-bijou. À l’instar
de ce que rapportait Berggruen sur ses relations commerciales avec Picasso : « Je
suis allé chez Picasso, j’ai rédigé un contrat de
3 lignes ; il m’a donné la sculpture
la Tête de Fernande, je l’ai réalisée en exemplaires
limités », négocier
avec le célèbre Catalan paraît tout aussi simple. « Sinon
que le contrat contenait dix lignes et que c’est avec Gala qu’il
fallait
négocier. Dali n’avait aucun sens de l’argent ! »
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Beniamino Levi a ainsi acquis les droits de 29 sculptures,
issues des plus fameux
tableaux de l’artiste, et leur copyright : Lady Godiva, l’Éléphant
de Triomphe, Adam et Ève.
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Ces droits lui ont conféré la
possibilité de réaliser des sculptures
en bronze, en édition limitée : 12 exemplaires,
dont 8 originales et 4 épreuves d’artiste
! Toutes ont été réalisées
entre 1981 et 1988 suivant les « bons à tirer » signés
par l‘artiste ou ses ayants droit. Les bronzes
sont coulés par des
fonderies de renommée internationale dont la Fonderie Perseo, en Suisse,
là où depuis 65 ans sont réalisées des œuvres
d’art signées de Giacometti, Arp, Botero...
En
devenant éditeur de sculptures de Dali, Beniamino Levi a impulsé une
forme artistique que Dali avait certes tâtonnée mais jamais explorée
totalement.
Ces sculptures sont visibles en permanence aux musées Salvador Dali
de Paris, « Espace
Dali » à Montmartre, à celui
de Londres, « Country
Hall Gallery » et au Morohashi
Museum
of Modern Art au Japon.
Deuxième
dimension
Avant ou parallèlement à son
métier d’éditeur, Beniamino Levi
est devenu collectionneur. Un collectionneur qui aime
les objets
tout en ne voulant pas s’y attacher. Alors, au gré des époques,
il vend les collections qu’il a soigneusement constituées pour repartir
sur de nouvelles envies.
Celle des 150 dessins
inédits de Picasso ?
Découverts en 1993, lorsqu’un ami le présente à la
veuve Bresnu, dont le mari dit « Nounours »,
chauffeur et confident de Picasso détenait trois
albums de croquis du maître, ces dessins ont été revendus à New-York
en 1998. Beniamino Levi en a conservé quinze.
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Sa collection d’art premier, constituée lors de ses voyages en Afrique
et en Nouvelle-Guinée ? Vendue à Drouot en 1975 !
Sa collection
de sculptures funéraires chinoises de l’époque Tang et de
terres cuites « wind spirit » ? Récente, elle le passionne,
présentant des similitudes avec les univers africain et dalinien : une
représentation fantasmagorique et fantasmée des croyances,
des évocations et des hallucinations de l’esprit.
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La collection qui
résiste au temps et aux époques est celle
des oeuvres de Dali : gravures, dessins, pâte
de verre Daum-Dali, sculptures en bronze, sculptures
des années 30, créations en or. Cette
collection lui parle de sa vie et de ses envies. Elle
est plus qu’une collection. Elle est un témoignage
historique.
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Troisième
dimension
Grand amoureux d’un art moderne qu’il a contribué à faire
connaître en Italie en tant que galeriste, Beniamino Levi a décidé de
poursuivre cette activité en créant en 1988 la Fondation Stratton.
Organisme philanthropique à but non-lucratif dédié à l’enrichissement
des arts culturels, cette fondation a pour vocation d’organiser des expositions
itinérantes de collections de qualité exceptionnelles, de sponsoriser
des événements artistiques de renom, et d’accorder des dons à des
institutions nationales. Elle a organisé plus de cent expositions sur
Dali dans le monde entier. Elle a permis de révéler l’oeuvre
sculpturale dalinienne au plus grand nombre. |
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